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Dialogue public

Les verriers dialoguent avec leur avocat

Mardi 14 mai, 18 h 30, à Grigny

Centre Edouard-Brenot

On connaît le drame que vivent les anciens verriers de Givors, mais ils ne baissent pas la tête face aux résistances pour la reconnaissance de l’origine professionnelle des maladies qu’ils développent dans leurs rangs et qui les font disparaître les uns après les autres.

Après avoir organisé un colloque avec succès, en octobre dernier, les verriers organisent un Dialogue public avec leur avocat Maître François Lafforgue, spécialisé dans les procédures de maladies professionnelles. Plusieurs questions seront au centre des échanges avec les procédures en cours devant le Tribunal des affaires de Sécurité sociale suite au rejet de reconnaissance des maladies professionnelles, mais aussi concernant la procédure en préparation devant le Conseil des Prud’hommes de Lyon. Une cinquantaine de dossiers seront déposés auprès de  la juridiction du travail d’ici à la fin mai, interpellant OI Manufacturing repreneur de VMC-BSN Glasspack, pour la reconnaissance du préjudice d’anxiété et son indemnisation, ainsi que pour la délivrance des attestations d’exposition aux produits cancérogènes.

Le lendemain, Me Lafforgue plaidera devant le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale le dossier de Christian Cervantès pour lequel la Sécurité Sociale a refusé par deux fois de reconnaître l’origine professionnelle des deux cancers qui l’ont finalement emporté, l’an dernier.

Tous les verriers, actifs et retraités, mais aussi au-delà tous les salariés victimes d’expositions aux produits toxiques sur les lieux de travail, sont concernés.

Mardi 14 mai 2013 à 18h30, Centre Edouard Brenot Grigny (Rhône) rue Waldeck Rousseau. Sous la présidence de René Balme, maire de Grigny. Avec la participation de François Lafforgue avocat au barreau de Paris, Guy Fischer sénateur du Rhône, Laurent Gonon coordonnateur « maladies professionnelles » à l’association des verriers , Dr Caroline Combes et Dr Philippe Ladias médecin coordonnateur et médecin du Centre municipal de santé Christian Cervantes.

Médecine aux ordres ?

Secret médical ou secret de fabrication ?

On connaît les démêlés des anciens verriers de Givors avec la médecine du travail de leur entreprise. Sur ordre du médecin inspecteur de la Direction du travail, les médecins du travail expurgent soigneusement les dossiers médicaux, avant de les remettre aux anciens salariés.

Tout ce qui pourrait engager la responsabilité de l’entreprise dans le développement des maladies professionnelles et permettre le « lien direct et essentiel » entre l’exposition aux produits toxiques et le développement des cancers est ôté des dossiers médicaux. Il faut sauver les intérêts des actionnaires à tout prix ! Même au prix de la santé des ouvriers.

Dans cette logique, l’exemple ci-dessous nous montre que les médecins qui refusent de se plier à cette logique subissent les foudres du patronat, jusque dans les fondements de leur conscience professionnelle. En violation du serment d’Hippocrate.

Nous sommes bien entendu à leurs côtés.

Préjudice d'anxiété.

278 attestations d'exposition à l'amiante ont été délivrées à Givors

les verriers doivent bénéficier du préjudice d'anxiété.

Les verriers de Givors sont directement concernés par la jurisprudence désormais solidement établie concernant l'exposition à l'amiante. Jusqu'en 1996, ils ont tous été exposés à l'Abestex, Isolex, Abestolite, etc. équipant les pièces composites qu'ils utilisaient quotidiennement. La couverture Eternit de l'ensemble des bâtiments - se dégradant sous l'effet de la toxicité de certains produits volatils - assurait en outre la pollution environnementale de tous ateliers. Leur exposition à l'amiante a été largement reconnue par BSN Glasspack.

On s'étonne aujourd'hui que le site n'ait jamais été classé "amiante" permettant aux plus jeunes, encore actifs, de bénéficier de la législation ACAATA et de partir en préretraite dans des conditions économiques intéressantes.

L'association des anciens verriers de Givors entreprend les démarches pour qu'ils puissent en bénéficier. De même qu'elle engage la procédure pour que les anciens verriers puissent voir reconnu le préjudice d'anxiété devant le décès prématuré de nombre d'entre eux dans des condition            de santé nettement dégradée.

Tous les intéressés, qui ont pu être mutés dans d'autres régions ou d'autres entreprises, de professions différentes, à la fermeture du site de Givors doivent s'adresser de toute urgence à l'association : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dans sept verreries Rhône-Alpes

La CARSAT engage une étude sur les expositions aux produits toxiques (CMR).

La CARSAT a été sollicitée par l’association des verriers de Givors pour réaliser une étude destinée à faciliter la reconnaissance des maladies professionnelles dans ce secteur industriel. Cette demande n’a pu être acceptée, car la CARSAT n’est pas en situation de procéder à une enquête épidémiologique.

Cependant, suite à la demande de Gilles GABERT, représentant CGT au Comité Technique Régional (CTR) de la CARSAT, la Direction des risques professionnels, a décidé de lancer une étude régionale « verre creux » sur la mise en oeuvre de la prévention des risques chimiques, prévoyant des visites dans sept verreries, concernant au total 1.000 salariés en Rhône Alpes.

L’étude doit porter sur l'utilisation des CMR silice, oxyde (de chrome, de plomb, de nickel ...) dioxyde d'arsenic, HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique).

Cette étude doit être menée tout au long de 2013, en associant les CHSCT des sites concernés. Elle devrait déboucher sur des préconisations de prévention dans les verreries.

Vincent JACQUEMOND, Consultant – Expert CHSCT, dans la note jointe donne quelques conseils à l’attention des représentants du personnel aux CHSCT.

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